CHAMPIGNONS ET INSECTES

Le terme MÉRULE regroupe plusieurs genres et espèces de champignons macromycèdes responsables d’importantes dégradations dans les bâtiments.

Capables d’incruster les maçonneries dégradées en profondeur, la présence de ces champignons requiert toujours l’application d’un traitement spécifique. Communément, la MÉRULE désigne le parasite le plus connu et le plus virulent, le serpula lacrymans (Wulf.: Fr-Schroet), anciennement appelé MERULIUS.

Pratiquement jamais rencontrée en milieu naturel, la MÉRULE se rencontre dans les bâtiments des régions tempérées où elle se propage sous forme de spores ou de fragments mycéliens. L’air, l’eau, les insectes, les xylophages, les animaux domestiques, l’homme lui-même et les objets divers qu’il transporte, assurent la dissémination du champignon.

Déposées sur un substrat adéquat et en présence de conditions de milieu favorables, les spores peuvent germer. Le premier stade correspond au développement de fins filaments de quelques microns de diamètre, les hyphes. Les hyphes constituent la structure végétative des champignons. Ils servent à véhiculer l’eau et la nourriture et vont former le mycélium qui selon le site, prend divers aspects: masse presque charnue de mycélium dans un espace sous plancher, lambeaux foliacés derrière des panneaux, masses ouateuses dans une cave, etc.

Au stade ultime, le mycélium donne naissance à un carpophore rouille-orangé (ou fructification) qui génèrera une multitude de nouvelles spores.

Les spores

Les spores, invisibles à l’oeil nu, peuvent être présentes dans un local infecté en quantités telles qu’elles deviennent visibles, sur des surfaces horizontales, sous la forme d’un tapis de «poussières» rouge brun.

Le mycélium

L’aspect et la couleur du mycélium peuvent varier, allant d’une masse blanche villeuse à une pellicule blanche ou gris perle.

Les fructifications ou carpophores

Les fructifications sont généralement rondes ou ovales et peuvent atteindre plus d’un mètre de diamètre. Elles sont le plus souvent brunes et possèdent une bordure végétative blanc jaune typique.

La surface est souvent recouverte de gouttes d’eau, ce qui explique le nom latin lacrimans, c’est-à-dire «larmoyant» de ce champignon. Sur les fructifications, se forment des spores qui peuvent à leur tour se répandre et relancer le processus complet de propagation et de développement de la mérule.

La mérule est un champignon, la partie végétative est le mycélium; le carpophore, c’est la fructification; les spores, ce sont les semences.

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Elle a besoin, pour subsister, de certains composants, tels la cellulose et la lignine, présents en suffisance dans le bois. Ceci explique que, dans un bâtiment, ce sont surtout les éléments en bois qui sont attaqués en premier lieu.

La mérule digère la cellulose du bois, les réactions enzymatiques utilisées provoquent une élévation des teneurs en eau qui favorise la croissance et le développement végétatif du champignon.

Quelques caractéristiques particulières différencient la mérule de ses collègues champignons opportunistes:

  • Cet organisme est très résistant et des modifications de l’ambiance générale telles que l’humidité ou la température ne vont pas le tuer mais provoquer un ralentissement de croissance, une entrée en dormance ou, à l’inverse dans de bonnes conditions, lui donner un développement extrêmement rapide.
  • Il est capable de s’incruster dans les maçonneries où toutes les microscopiques crevasses vont être envahies de filaments, les hyphes végétatifs, qui constituent la biomasse réelle de l’organisme.
  • Le développement passe souvent inaperçu, l’organisme fuit la lumière et affectionne les ambiances confinées.

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Le développement de la mérule est soumis à un certain nombre de conditions:

  • image6il faut un substrat adéquat, Les spores de la mérule ne germent que lorsqu’elles rencontrent un bois suffisamment humide. Dans le premier stade du développement, une humidité élevée est également nécessaire. Mais à un stade plus avancé, le bois sec sera aussi attaqué, étant donné que le champignon peut, par ses cordons, amener lui-même l’humidité nécessaire à sa croissance.
  • le champignon doit disposer d’une quantité suffisante d’humidité et d’oxygène, La croissance optimale de la MÉRULE se fait à une humidité du bois d’environ 30%. Cependant, le bois peut déjà être attaqué à partir d’une humidité de 20%. En présence d’une quantité moindre d’humidité, la croissance ne se déclenchera pas.
  • la température de l’air des locaux doit se situer dans certaines limites.

La température de l’air idéale pour le développement du champignon est de 18 à 20°C. Quoique la mérule reste active entre 3 et 25°C.
Pour son développement, la mérule a aussi besoin d’une certaine quantité d’oxygène.

La mérule, grâce à ses cordons mycéliens, peut transporter les matières nutritives et l’eau nécessaires à sa croissance sur plusieurs mètres de distance.

Soit des fragments de mycélium ont été malencontreusement apportés, souvent par l intermédiaire de bois de récupération, soit des spores ont échoué grâce au vent ou à un transport quelconque.

image7Ces spores, en contact avec un minimum de matière nutritive, par exemple du bois accidentellement humide (+ 20%), et placées à l’obscurité à une température de 3 à +/- 25°C, germent et donnent naissance à notre MÉRULE.

Après la germination, le champignon va entrer dans une phase d’expansion souvent cachée dans les lieux confinés. A ce stade, sa croissance peut atteindre un mètre par an (jusqu’à 4 mètres par an, dans son stade «adulte») et il ne «court» plus sur le bois mais «digère» les boiseries, pénètre les plâtrages, les briques, les maçonneries et profitera même des failles microscopiques présentes dans du béton.

L’aspect général est variable. Si le mycélium se développe dans un espace ouvert, une cave par exemple, il prend la forme d’ouate blanche grisâtre, parfois jaunâtre, pouvant atteindre plusieurs centimètres d’épaisseur. Par contre, si l’espace de développement est restreint, derrière une garniture murale, derrière des lambris, des plinthes ou des garnitures de porte, l’aspect rappelle un large feuillet écrasé capable de s’insinuer dans les moindres interstices. Dans des cas plus rares, le mycélium peut prendre une forme charnue. Ces structures végétatives peuvent s’étendre sur plusieurs mètres carrés sans pour autant que la présence du champignon ne soit décelée. La MÉRULE fuit la lumière et poursuit ainsi un développement insidieux et caché. Une modification des conditions de l’environnement «dérange» la MÉRULE qui, comme tout organisme en danger, va se défendre:
ALORS LE CHAMPIGNON FRUCTIFIE.
Cette fructification, orangée ou brunâtre, est très spectaculaire et correspond bien souvent à la découverte de la présence de cet hôte indésirable.

  • Sa naissance passe inaperçue
  • Son évolution est très discrète
  • Sa présence est découverte par hasard
  • Sa croissance est parfois rapide et toujours envahissante 
  • image8la présence d’humidité localisée,
  • torsion ou courbures des boiseries (plinthes, lambris, ébrasements, etc),
  • «pourriture cubique» des éléments en bois,
  • ramollissement du bois,
  • coloration brune du bois,
  • affaissements avec parfois effondrement des planchers, ou plafonds,
  • odeur de champignon,
  •  présence de mycélium, petite touffe de «mousse» blanchâtre,
  • présence de fins filaments, ramifiés, formant une espèce de réseau,
  • la présence de carpophores en forme de console,
  • La présence d’une poussière rouge ultra-fine (= sporée), déposée sur les surfaces horizontales,

L’humidité, la pourriture, la torsion ou les fractures cubiques des bois, la présence d’éléments mycéliens ou de carpophores avec ou sans sporée, sont les principaux symptômes qui révèlenl’existence de champignons destructeurs du bâtiment, parfois avant effondrements plus graves.

Présence de spores

Les spores sont projetées dans l’air par le champignon lui-même et transportées ensuite par les courants d’air, le vent, les hommes, les animaux, les souliers, etc.

L’eau

Il n’y a pas de nutrition possible du champignon, donc ni germination, ni croissance, sans eau!
Les principales causes d’humidité anormales des matériaux dans les bâtiments sont les suivantes:

  • pièce confinée, où la ventilation est inexistante,
  • humidité ascensionnelle dans les murs de fondation,
  • isolation exagérée des bâtiments,
  • présence de ponts thermiques,
  • fuites de canalisations, d’installations sanitaires, de décharges d’eau usées,
  • défectuosité des citernes dans le bâtiment,
  • défauts de gouttières,
  • fuites de toitures, plates-formes,
  • Perméabilité anormale des murs extérieurs,
  • absence ou perte d’étanchéité des maçonneries enterrées,
  • infiltrations de terrasses et balcons,
  • mauvais état de couvre-murs,
  • condensation d’eau-vapeur dans les locaux à grand usage d’eau,

Le substrat nutritif

image9Pour qu’il y ait dégât par le champignon, il faut qu’un substrat soit colonisé, attaqué et détruit.
Ces substrats sont de nature et d’origine diverses:

  • bois de structure et de menuiserie
  • dérivés de bois et de paille (copeaux, sciures, panneaux agglomérés, cartons, pailles, toiles de jutes, etc)
  • stockage de bois ou de matériaux contaminés,

Facteurs humains

Par ignorance, incompétence, négligence, inconscience ou imprudence de l’être humain, au niveau de l’entretien, de la construction ou de la rénovation de son bâtiment.

SPORES + EAU + SUBSTRAT NUTRITIF (+ facteur humain) = mérule

{ slider L’influence de la mérule sur les matériaux}

Le bois

Après germination des spores, les premiers filaments se développent à la surface du bois et dans les cellules en perforant, dans certains cas, les parois de ces dernières et en décomposant les constituants chimiques (cellulose, lignine, …) du bois.
En transformant les constituants chimiques du bois, les champignons provoquent une perte de masse et de masse volumique, une augmentation de la porosité et une diminution de la résistance mécanique du bois. Le bois est détérioré et perd sa solidité. Il se colore en brun foncé. Une pourriture cubique typique se développe c’est-à-dire que des crevasses se forment en longueur et perpendiculairement au fil du bois; le bois se rétracte.

Le mortier, les briques

L’effet sur le mortier et les briques n’est pas aussi profond que sur le bois. Toutefois, le champignon progresse dans la maçonnerie en suivant les gradients de diffusion de l’humidité. En conséquence, il faut employer un fongicide pour détruire les hyphes incluses dans ces matériaux. Il arrive que les joints commencent à s’écailler ou deviennent plus poreux.

Le traitement curatif ainsi que la détermination de la zone de contamination par la mérule, est l’a faire de spécialistes et doit être effectué avec beaucoup de soins.

1) Identification de la zone de contamination.

2) Traquer le champignon partout où il a pu s’insinuer.

3) Dégagement de toute la zone contaminée (plâtrage, enduit ciment, enduit chaux, etc).

4) Eliminer et brûler les bois, boiseries, matériaux organiques contaminés.

5) Briques et maçonneries doivent être mises à nu, brûlées au chalumeau

et grattées plusieurs fois.

6) Identifier la source d’humidité et y porter un remède définitif.

7) Traiter les maçonneries (= injection sous pression) en masse à l’aide d’un antifongique spécialement efficace.

8) Pulvérisation sur les surfaces de cet antifongique.

9) Ne réutiliser que du bois traité dans la masse.

  • image11 frLors de l’identification de la zone de contamination, il est toujours conseillé de tenir compte d’un périmètre de sécurité d’1 mètre, en zone sèche et d’un mètre 50 en zone humide.
  • L’injection de produit antifongique assure une répartition maximale du produit dans la masse à traiter ainsi qu’une protection durable. L’injection se fait à l’aide d’un équipement basse pression (Techniflow Dual) pourvu d’un compteur de passage (kit d’injection Digital).
  • Les trous ont un diamètre de 12 à 14 mm, une profondeur de 3/4 à 4/5 de l’épaisseur du mur à traiter, et sont espacés de 15 à 30 cm.
  • La quantité injectée est de 1.5 à 2.5 litres par m2 par 10 cm d’épaisseur, ou de 15 à 25 litres par m2, à répartir uniformément dans les trous.
  • La pulvérisation de l’antifongique est de l’ordre de 250 à 500 ml par m2. 

Les produits TECHNICHEM sont formulés de manière à avoir un caractère CURATIF et PREVENTIF contre le champignon mérule (spores, filaments, mycélium, carpophore).

  • Excellente diffusion dans tous les supports (même humides, et chargés en sels).
  • Conviennent pour les locaux habités.
  • Matières actives non hydrosolubles.
  • Valables pour l’injection dans les maçonneries, et la pulvérisation en surface.

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Généralités

image12Il existe de nombreuses espèces d’insectes xylophages (coléoptères, guêpes, termites,…), mais ce sont généralement les coléoptères qui, dans des conditions climatiques que nous connaissons, sont responsables des dégradations observées dans les bâtiments.

Après l’accouplement, la femelle pond ses oeufs dans les fissures, les pores du bois ou les restes d’écorces. Ces oeufs donnent naissance aux larves qui creusent des galeries dans le bois et qui sont les seules responsables des

Lorsque la larve a atteint son stade de développement final, elle creuse une galerie vers la surface du bois, et se transforme en chrysalide qui donne naissance à l’insecte adulte.

 

 

image13 frLorsque celui-ci s’envole, il repousse la pellicule de bois, laissant un trou derrière lui.

Conditions nécessaires au développement des insectes

Le développement des insectes est soumis à un certain nombre de conditions: les éléments indispensables à sa croissance sont les suivants:

  • Substrat ligneux
  • Température favorable
  • Oxygène en suffisance
  • Absence ou concentration insuffisante de substances toxiques

Remarque: selon l’espèce xylophage, d’autres conditions doivent encore être remplies.

Espèces d’insectes

image15Il n’est pas toujours aisé de distinguer les différentes espèces entre elles, cependant les produits commercialisés pour l’élimination des insectes possèdent un spectre d’action assez large et combattent généralement toutes les espèces.

Les insectes les plus courants dans les bâtiments sont:

  • Capricorne
  • Petite vrillette
  • Grosse vrillette
  • Lyctus

L’influence des insectes sur le bois et les matériaux

  • Le bois

Lors de la digestion du bois par la larve, et lors de la formation de galeries, elles provoquent non seulement une perte de masse du bois, mais également une diminution de ses propriétés mécaniques.

  • Le mortier, les briques

L’effet sur le mortier et les briques n’est pas aussi profond que sur le bois. Toutefois, les insectes progressent dans la maçonnerie. En conséquence, il faut employer un insecticide pour détruire les larves et insectes présents dans ces matériaux.
Il arrive que les joints commencent à s’écailler ou deviennent plus poreux.

Mise en oeuvre d’un traitement curatif et préventif contre les insectes du bâtiment

image14Un traitement complet comprend en général les phases suivantes:

  • Inspection du bâtiment
  • Détection de l’attaque
  • Préparation du support à traiter
  • Choix et mise en oeuvre de la méthode de traitement

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